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AnalyseMines

Mines : derrière la hausse des revenus, trois trajectoires

Les dossiers sectoriels — Nouvelles capacités, métal mieux vendu ou cash exceptionnel : Managem, SMI et CMT n’offrent pas la même exposition au cycle minier.

La ligne « Mines » de la cote masque une forte concentration. Au 31 août 2026, Managem représente près de 92 % de la capitalisation du secteur, à elle seule. Sa trajectoire peut donc donner l’impression que toutes les minières racontent la même histoire. Les publications de 2026 montrent au contraire trois ressorts différents : des capacités nouvelles chez Managem, un soutien des prix face à des volumes contraints chez SMI et CMT, et des mouvements de trésorerie qui ne proviennent pas tous de l’exploitation.

Le métal compte autant que le nom du secteur

Managem reste d’abord exposé à l’or : celui-ci représentait 43 % de ses revenus en 2025, contre 19 % pour le cuivre. Ces proportions donnent un point de départ, pas une répartition acquise pour 2026, puisque Boto et Tizert n’avaient commencé à contribuer commercialement que l’année précédente. Le groupe n’est donc ni une exposition pure au cuivre, ni un substitut exact à une détention d’or.

SMI, autre société cotée, appartient elle-même au groupe Managem. À Imiter, l’argent constitue le produit principal, commercialisé sous forme d’anodes. Détenir les deux titres ne crée donc pas deux expositions minières indépendantes. À l’inverse, CMT produit des concentrés de plomb et de zinc argentifères : la valeur de plusieurs métaux intervient dans une même activité.

Des revenus en hausse peuvent cacher moins de métal vendu

Le cas de SMI est le plus net. Au premier semestre, son chiffre d’affaires progresse de 36 % alors que les volumes vendus reculent de 38 %. Le cours moyen de l’argent augmente de 120 %, compensant les arrêts de maintenance et le décalage de la mise en exploitation du projet de carrière. L’envolée des revenus ne prouve donc pas une amélioration du rythme industriel.

Chez CMT, au seul deuxième trimestre, les ventes de concentrés baissent de 6 % et la production de 2 %, tandis que le chiffre d’affaires gagne 47 %. Là encore, la valorisation des métaux fait mieux que les tonnes. Si les prix se stabilisaient ou reculaient, la capacité à rétablir les volumes deviendrait déterminante pour conserver les revenus.

Managem connaît une autre dynamique : Boto et Tizert ont atteint leur production nominale à fin juin. Un recul des prix n’effacerait pas ces installations ; il réduirait la valeur du métal produit.

Le cours du métal n’est pas toujours le prix encaissé

Le marché cote les métaux en dollars, les comptes sont publiés en dirhams : un dollar plus faible peut atténuer une hausse du métal. Managem utilise aussi des contrats et options pour sécuriser ses ventes futures. Ces couvertures protègent les flux, tout en pouvant limiter le bénéfice d’une envolée des prix.

Leurs variations de valeur ne doivent pas être prises pour le résultat d’une livraison du trimestre. Elles peuvent affecter les capitaux propres avant le règlement des ventes couvertes. Le prix réalisé, après change et couvertures, compte davantage que le cours affiché à l’écran.

La trésorerie a plusieurs origines

CMT a reçu 35 millions de dollars d’OMM et 12 millions de Shaba Metals au titre d’accords transactionnels réglés en avril. Ces encaissements renforcent ses moyens financiers, sans constituer des ventes de concentrés à renouveler chaque semestre. Le solde disponible et le cash que la mine pourra générer ensuite répondent à deux questions différentes.

SMI illustre l’autre sens du mouvement : sa trésorerie nette revient à 243 millions de DH fin juin, en retrait de 297 millions depuis décembre, sous l’effet des dividendes et du besoin en fonds de roulement. Des revenus plus élevés peuvent ainsi coexister avec moins de liquidités disponibles.

Le calendrier industriel reste enfin propre à chaque site. CMT a mis en production le puits d’Ighrem Aousser en 2025 ; son projet cuprifère de Tabaroucht doit encore passer par l’étude de faisabilité après l’approbation environnementale. Une autorisation, une réserve certifiée et une tonne commercialisée ne sont pas des étapes interchangeables. Pour Tabaroucht, la prochaine information décisive sera le passage de l’étude à une décision d’investissement chiffrée, avec un calendrier de construction.

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