Les ventes de concentrés reculent, les revenus montent. Au deuxième trimestre 2026, CMT réalise 255 millions de DH de chiffre d’affaires, en hausse de 47 % sur un an, avec 6 574 tonnes vendues, soit 6 % de moins. La meilleure valorisation des métaux fait la différence.
La production ne connaît pas le même bond : elle atteint 7 020 tonnes de concentrés, en retrait de 2 %. La hausse des revenus ne décrit donc pas une accélération équivalente de l’extraction.
Le soutien des volumes s’estompe
Au premier trimestre, l’histoire était différente. Les ventes avaient atteint 9 523 tonnes, en progression de 40 % sur un an. Elles avaient contribué au doublement du chiffre d’affaires, à 342 millions de DH. La production de concentrés, elle, avait déjà reculé de 5 %, à 6 380 tonnes.
Ce décalage entre production et ventes impose de regarder les deux séries séparément. Les expéditions commerciales d’un trimestre ne correspondent pas nécessairement au minerai produit pendant ces trois mois. Prolonger le rythme des revenus sans examiner les tonnes vendues reviendrait à confondre activité industrielle et calendrier commercial.
Le règlement des litiges change la trésorerie
À fin juin, CMT dispose de 393 millions de DH de trésorerie nette. Fin mars, elle portait encore 162 millions de DH d’endettement net et avait mobilisé 200 millions de financement bancaire à court terme. Ce crédit a été remboursé en avril.
La bascule bénéficie notamment des accords avec OMM et Shaba Metals : leurs règlements ont apporté respectivement 35 et 12 millions de dollars. Annoncés en avril, ces encaissements sont liés à des transactions distinctes de la vente de concentrés. Ils ne constituent pas un rythme de génération de cash à reconduire d’un trimestre à l’autre.
Sur le terrain, CMT avait fixé un autre calendrier dans sa communication sur le premier trimestre : accompagner le nouveau puits d’Ighrem Aousser par une augmentation de la capacité de traitement de l’usine à l’horizon 2027. L’entreprise entend ainsi augmenter progressivement sa production à Tighza. Le calendrier industriel reste décalé par rapport au bond actuel des revenus.



