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AnalysePétrole et Gaz

Afriquia Gaz et TotalEnergies Maroc : pourquoi la hausse des revenus ne suffit pas

Les dossiers sectoriels — Butane, carburants, bouteilles et stations : deux modèles de distribution où le prix des produits brouille la lecture de la croissance.

Les ventes en dirhams reprennent chez Afriquia Gaz alors que les volumes diminuent. Au T2 2026, cette opposition place la question du prix au centre de la lecture financière.

Chez TotalEnergies Marketing Maroc, le chiffre d’affaires trimestriel gagne 41,1 %, les tonnages reculent de 3,8 %. Davantage de revenus ne signifie pas davantage de produits vendus.

Deux circuits de distribution, sous une même étiquette boursière

Afriquia Gaz commercialise du butane et du propane auprès des ménages et des professionnels. Les bouteilles, le vrac et les livraisons de gaz structurent son activité. La clientèle domestique ne répond pas nécessairement aux mêmes facteurs de demande que les utilisateurs professionnels. Le tonnage total renseigne sur la quantité écoulée ; il ne décrit pas à lui seul les usages qui gagnent ou perdent du terrain.

TotalEnergies Marketing Maroc combine stations-service, clientèle industrielle, aviation, lubrifiants et GPL. L’achat des deux titres ne procure donc pas deux expositions identiques à la consommation d’énergie. Les produits, les clients et les conditions de commercialisation diffèrent, même lorsque le marché les range dans le même secteur.

Le butane et les carburants ne suivent pas le même régime de prix

La compensation du butane repose sur la prise en charge d’un écart entre le coût de revient du produit, intégrant les frais et les marges prévus dans le dispositif, et son prix de vente réglementé. Le transport vers les centres emplisseurs fait également l’objet d’un mécanisme de remboursement. Ce cadre explique pourquoi un mouvement des coûts internationaux ne se transmet pas simplement, à montant identique, au prix acquitté par le ménage.

Ce régime concerne le butane : il ne doit pas être étendu automatiquement à tous les GPL, ni au gasoil et à l’essence. Pour analyser un distributeur, il faut distinguer les recettes commerciales, les charges liées à l’approvisionnement et les règlements associés à la compensation. Une créance comptabilisée et son paiement ne surviennent pas nécessairement à la même date.

Les carburants routiers évoluent dans un marché libéralisé. Entre le 1er et le 16 mars 2026, la hausse des cotations internationales du gasoil a atteint 2,92 DH par litre, contre 2,03 DH à la pompe. L’essence présentait un autre écart, avec des hausses respectives de 1,26 et 1,43 DH. Ces moyennes de marché ne donnent pas la marge de TotalEnergies Marketing Maroc. Elles montrent pourquoi la transmission des prix doit être examinée produit par produit et sur un calendrier précis.

La distribution immobilise du capital avant la vente

Le réseau gazier nécessite des capacités de réception, du stockage, des centres d’emplissage et des contenants. À Jorf Lasfar, le terminal d’Afriquia Gaz est directement relié au port par pipeline. L’efficacité de cette chaîne ne se réduit pas au tarif du produit : elle dépend aussi de la disponibilité des installations et de l’organisation des flux physiques. L’entretien et le renouvellement du matériel restent donc nécessaires lorsque les volumes ralentissent.

Au premier trimestre 2026, Afriquia Gaz avait déjà consacré 89,1 millions de DH d’investissements sociaux principalement aux bouteilles neuves. Cette dépense n’est pas un achat de gaz destiné à être immédiatement revendu. Elle finance des contenants qui accompagnent la distribution. La distinguer des stocks permet de séparer le renouvellement de l’outil et les besoins du cycle commercial.

Pour le réseau de stations de TotalEnergies Marketing Maroc, le développement prend une autre forme. L’exercice 2025 s’était terminé avec un réseau de 385 stations. Le suivi ne se limite pas au nombre d’implantations : une ouverture ne livre pas immédiatement son potentiel de ventes, et une croissance du réseau ne suffit pas à démontrer une amélioration des volumes dans les stations existantes.

Chez Afriquia Gaz, le précédent exercice illustre le dernier filtre de l’analyse : en 2025, les revenus consolidés avaient progressé tandis que le résultat opérationnel diminuait. Le chiffre d’affaires consolidé avait gagné 2,5 %, mais le résultat opérationnel avait reculé de 2,3 %.

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