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Microdata 2025 : le change et le financement absorbent le gain d’exploitation
Le résultat d’exploitation progresse de 10,6 %, mais le bénéfice net ne gagne que 2,5 %. Le retournement du change et la hausse des intérêts expliquent une grande partie de l’écart.
Microdata approche le milliard de dirhams de chiffre d’affaires en 2025, mais la progression commerciale se transmet difficilement au bénéfice net. Les ventes augmentent de 8,7 %, à 979,4 millions de dirhams, et le résultat d’exploitation de 10,6 %, à 106,8 millions. Le bénéfice final ne gagne que 2,5 %, à 69,5 millions. Entre les deux, les coûts financiers et le change ont absorbé l’essentiel de l’amélioration opérationnelle.
Le change efface une grande partie du gain d’exploitation
Le résultat financier passe de moins 2,1 millions de dirhams en 2024 à moins 10,7 millions en 2025. Sa dégradation de 8,7 millions représente environ 84 % des 10,3 millions gagnés au niveau de l’exploitation. Le résultat courant, avant éléments non courants et impôt, ne progresse ainsi que de 1,7 %.
Le détail des comptes montre deux mouvements. Les intérêts montent de 7,3 à 9,5 millions de dirhams. Surtout, le solde des gains et pertes de change, positif de 5,4 millions en 2024, devient négatif de 1,1 million en 2025. Le retournement du change est donc plus lourd que l’augmentation des seuls intérêts. Attribuer tout l’écart au coût du crédit manquerait une part importante de l’explication.
Les charges non courantes nettes se creusent également. La baisse de la charge d’impôt, de 24,1 à 21,9 millions, amortit en revanche leur effet sur le bénéfice final. La croissance du résultat net n’est pas seulement le reflet des ventes de matériels et de services.
Les créances clients mobilisent beaucoup plus de financement
Au 31 décembre 2025, les créances clients nettes atteignent 421 millions de dirhams, contre 264,5 millions un an plus tôt : 156,5 millions supplémentaires restent inscrits au bilan. Cette augmentation dépasse largement celle du chiffre d’affaires annuel. Elle pose la question du calendrier d’encaissement des projets, sans démontrer à elle seule un défaut de paiement ou un allongement uniforme des délais.
Les crédits de trésorerie passent parallèlement de 140 à 310 millions de dirhams. Les disponibilités augmentent aussi, de 117,6 à 192,3 millions, mais moins vite. Leur différence laisse un solde de trésorerie négatif de 117,7 millions, contre 22,4 millions fin 2024. La hausse du cash affiché à l’actif ne signifie donc pas que l’entreprise a réduit son recours au financement bancaire.
Le portefeuille de clients et les dates de règlement devront être lus avec les prochaines livraisons : une activité rentable peut continuer à consommer du financement tant que les ventes ne sont pas encaissées.
Un périmètre social, un dividende presque égal au bénéfice
Ces chiffres sont ceux de Microdata seule. Sa filiale de services DGSM reste non consolidée en raison de sa faible taille ; ses 1,7 million de dirhams de revenus ne sont pas ajoutés aux 979,4 millions de la société mère.
Le conseil propose un dividende inchangé de 40 dirhams par action, soit 67,2 millions au total. Ce montant représente environ 97 % du bénéfice 2025. Il laisse peu de résultat annuel en réserve, alors même que le financement des créances clients prend davantage de place au bilan.






