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Informatique cotée : pourquoi la hausse des ventes ne devient pas partout du cash
Les dossiers sectoriels — Prix du matériel, crédit fournisseurs, encaissement des projets : Disway, Disty, Microdata et HPS ne financent pas leur croissance de la même façon.
Deux entreprises peuvent profiter du même budget informatique et rencontrer des contraintes financières très différentes. L’une achète du matériel, le conserve puis accorde du crédit à un revendeur. Une autre installe une infrastructure chez le client final. Une troisième déploie un logiciel de paiement dont l’exploitation produit ensuite des revenus dans la durée. À Casablanca, l’étiquette « informatique » recouvre ces trois modèles, avec des points de fragilité distincts entre la commande et l’encaissement.
Disway et Disty éclairent le métier de distributeur ; Microdata, celui de fournisseur et d’intégrateur d’infrastructures ; HPS, celui des plateformes de paiement. Leurs publications disponibles ne couvrent pas toutes la même période : les comptes complets 2025 de Microdata et Disty permettent d’examiner marges et financement, tandis que les indicateurs T2 2026 de Disway et HPS renseignent surtout l’activité. Les rapprocher aide à comprendre les mécanismes, pas à dresser un classement de rentabilité semestrielle.
Le premier risque est parfois dans le devis, avant le stock
Disway fournit un exemple récent du pouvoir de blocage des prix. Au deuxième trimestre 2026, son segment Volume, qui comprend PC et impression, progresse de 16,3 %. Le segment Value, consacré notamment aux serveurs, au stockage et aux réseaux, recule de 7,4 %. Le groupe rattache ce retrait à des reports ou annulations de projets provoqués par le renchérissement du matériel.
Un prix unitaire plus élevé peut soutenir la valeur d’une vente réalisée. Il peut aussi rendre le coût total d’une installation incompatible avec le budget du donneur d’ordre. La seconde situation ne se compense pas automatiquement par une meilleure marge sur les commandes restantes. Elle peut modifier les quantités livrées, les références demandées et le calendrier commercial.
Pour un distributeur, l’enjeu devient alors de sécuriser des disponibilités sans immobiliser trop de capitaux sur des configurations dont la demande peut changer. Le mot « Volume » employé par Disway ne fournit d’ailleurs aucun comptage de PC : il désigne une catégorie de chiffre d’affaires. La croissance en dirhams doit rester distincte de celle des équipements vendus.
Le crédit fournisseurs est une ressource qui a sa contrepartie
Chez Disty, les comptes 2025 montrent qu’une hausse de 16,5 % des ventes peut coexister avec un besoin de financement global presque inchangé. Celui-ci atteint 267,2 millions de dirhams, contre 266,5 millions fin 2024. Les stocks et les créances clients augmentent, mais les dettes fournisseurs gagnent 47,6 millions et absorbent une partie de l’expansion du cycle d’exploitation.
L’entreprise n’a pas supprimé le besoin de financer ses marchandises et ses clients. Une partie plus importante de ce financement demeure chez ses fournisseurs. Si les conditions d’achat changent, ce soutien peut se déplacer vers les lignes bancaires. Une baisse de dette nette ne suffit donc pas à démontrer que la croissance s’autofinancera au même rythme l’année suivante.
Microdata présente une autre tension dans ses comptes 2025 : ses créances clients nettes augmentent de 156,5 millions de dirhams, tandis que les crédits de trésorerie passent de 140 à 310 millions. Les disponibilités montent aussi, mais moins vite. Le résultat d’exploitation s’améliore ; le déficit financier se creuse. Pour cet intégrateur, l’examen des échéances clients et du coût du financement complète celui des nouveaux projets remportés.
Le logiciel remplace le cycle du carton par celui du contrat
Chez HPS, le deuxième trimestre 2026 produit 319 millions de dirhams de revenus réguliers et récurrents, sur 419 millions de produits d’exploitation. Le carnet atteint près de 1,737 milliard à fin juin. La question centrale porte ici sur le passage du projet signé à la plateforme déployée, puis aux prestations et redevances associées à son exploitation.
Ce carnet ne constitue ni une vente déjà comptabilisée ni un encaissement disponible. Les revenus dits réguliers et récurrents ne sont pas tous des abonnements SaaS garantis. Et l’effort de recherche et développement, de 47 millions au T2, rappelle que l’offre logicielle doit continuer à être développée et maintenue.
Le contrôle financier se déplace ainsi d’un modèle à l’autre. Dans le matériel, un raccourcissement du crédit fournisseurs ou un report de livraison peut accroître le financement nécessaire. Dans l’intégration, le calendrier des facturations et des règlements dépend des étapes du projet. Dans les plateformes de paiement, l’exécution du carnet et la continuité de l’exploitation doivent produire les revenus attendus.





