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AnalyseBanques

Crédit du Maroc S1 2026 : le coût du risque donne un second moteur au bénéfice

Le bénéfice semestriel gagne 19,4 %. Derrière cette hausse, l’allègement du coût du risque apporte davantage au résultat d’exploitation que l’amélioration de l’activité avant provisions.

Crédit du Maroc dégage un bénéfice net part du groupe de 531,7 millions de dirhams au premier semestre 2026, en hausse de 19,4 %. Cette progression dépasse celle de ses revenus bancaires, limités à +7,8 %. L’écart tient à deux mouvements presque équivalents : une activité plus rentable avant provisions et une forte réduction de la charge de risque.

Le risque libère 102 millions de dirhams

Le coût du risque passe de 129,9 à 28 millions de dirhams. Cet allègement de près de 102 millions représente un peu plus de la moitié de l’augmentation du résultat d’exploitation, qui atteint 1,033 milliard. L’autre moteur, le résultat brut d’exploitation, apporte environ 96 millions supplémentaires.

La banque attribue la baisse de la charge aux recouvrements et à la maîtrise de la sinistralité. Pour l’actionnaire, cela change la lecture du +19,4 % : une partie de l’accélération du bénéfice dépend d’un coût du risque particulièrement faible. Reconduire ce rythme suppose que ce soutien se maintienne, ou que les revenus prennent le relais.

La marge d’intérêt compense le recul des marchés

La marge nette d’intérêt atteint 1,478 milliard de dirhams, en progression de 13,1 %. Elle fournit l’essentiel de la hausse du produit net bancaire, alors que les opérations de marché reculent de 13,8 %, à 226,5 millions. Le métier de financement absorbe ainsi le moindre apport des activités de marché.

Les commissions offrent moins de relais : leur marge nette atteint 259,4 millions, contre 257,5 millions un an auparavant. Les commissions facturées augmentent, mais les charges de commissions progressent presque autant en valeur. La progression des commissions facturées ne se transforme donc pas encore en contribution nette sensiblement plus élevée.

Les charges d’exploitation, amortissements compris, croissent de 5,4 %, moins vite que les revenus. Le coefficient d’exploitation ressort à environ 45 %, soit près d’un point de mieux en un an.

Plus de dépôts à vue, mais encore des impayés

Les dépôts à vue atteignent 47,1 milliards de dirhams, en hausse de 14,6 %. Ils soutiennent la maîtrise du coût de la ressource pendant que les financements aux entreprises progressent de 12,7 %. Ce développement commercial nourrit la marge d’intérêt.

Le faible coût du risque ne signifie cependant pas que les créances en souffrance diminuent : leur encours atteint 4,26 milliards de dirhams, en hausse de 8,2 %. La charge comptabilisée sur le semestre s’allège alors même que ce stock augmente.

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