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AnalyseAssurances

Assurances cotées : l’épargne et les acquisitions changent la lecture de Wafa et Sanlam

Les dossiers sectoriels — Primes émises, revenus d’assurance et bénéfice ne progressent pas nécessairement ensemble. Les publications de Wafa Assurance et Sanlam montrent pourquoi le rythme de collecte, l’Égypte et la fusion Allianz doivent être isolés.

Sanlam Maroc annonce 35,3 % de croissance au deuxième trimestre 2026. Les primes du groupe Wafa Assurance progressent de 2,8 % sur la même période. Cet écart ne permet pas de conclure que le premier assureur gagne davantage d’argent sur chaque contrat. Les publications disponibles au 8 septembre décrivent surtout la collecte, avec des périmètres et des compositions très différents.

Chez Wafa, le trimestre modéré succède à un début d’année particulièrement actif. Chez Sanlam, le chiffre publié concerne l’entité historique avant l’absorption d’Allianz, pourtant devenue définitive en juillet. Pour lire ces dossiers, trois distinctions comptent : prime et revenu d’assurance, rythme du trimestre et cumul semestriel, croissance commerciale et changement de périmètre.

La Vie domine la croissance, mais elle réunit plusieurs métiers

Au premier semestre, Wafa Assurance collecte 5,470 milliards de dirhams de primes Vie dans le groupe, en hausse de 41,9 %. La Non-Vie progresse de 13,3 %, à 4,561 milliards. La compagnie met en avant une collecte significative en épargne. Au Maroc seul, la Vie gagne 46 %, contre 7,7 % pour la Non-Vie.

Sanlam signale également une contribution exceptionnelle de la Vie, alors que la Non-Vie augmente de 5,9 % sur le semestre. Il ne chiffre pas séparément les deux branches et n’isole pas l’épargne. Lui attribuer automatiquement la même composition que Wafa reviendrait à compléter le communiqué avec une hypothèse.

La Vie peut couvrir la constitution d’un capital comme la protection contre un décès. Pour l’épargne, une part importante du versement alimente les droits de l’assuré. La prévoyance rémunère une couverture du risque. La même hausse de collecte n’a donc pas nécessairement le même effet sur les engagements, la marge ou le calendrier de reconnaissance du revenu.

Les primes ne sont pas le revenu IFRS 17

Wafa Assurance fournit un exemple chiffré de cette différence. Dans sa présentation de transition comptable, le groupe rapproche, pour 2024, 13,7 milliards de dirhams de primes émises de 8 milliards de revenus d’assurance sous IFRS 17. L’écart vient du traitement comptable de l’activité, notamment de l’épargne ; il ne mesure pas une chute de la capacité bénéficiaire.

La rémunération des services d’assurance est reconnue au fur et à mesure qu’ils sont rendus. La marge sur services contractuels représente des profits futurs des contrats bénéficiaires, encore à reconnaître. Une forte collecte d’épargne peut ainsi enrichir un portefeuille de contrats sans produire immédiatement une hausse proportionnelle du bénéfice.

En Non-Vie et en prévoyance, le revenu reste lié aux services rendus sur la période de couverture. Les sinistres, les frais de gestion, les commissions de distribution et la réassurance déterminent ce qui en reste. Un encaissement de primes élevé ne renseigne pas, seul, sur le coût des risques assurés.

Le calendrier commercial change déjà le diagnostic

Wafa affiche 27,2 % de croissance des primes du groupe sur six mois, mais seulement 2,8 % entre avril et juin. Son chiffre d’affaires social recule même de 0,5 % au trimestre, malgré une hausse de 25,4 % au semestre. La collecte exceptionnelle du début d’année pèse donc davantage que ne le laisse penser la seule lecture du cumul.

Pour Sanlam, le trimestre accélère : +35,3 %, contre +19,6 % sur le semestre. Mais l’assureur qualifie lui-même la contribution de la Vie d’exceptionnelle. La question de sa répétition est différente de celle d’une progression régulière de la Non-Vie. Aucun des deux communiqués ne permet encore de traduire ces rythmes en résultat net S1 2026.

L’Égypte chez Wafa, Allianz chez Sanlam

Wafa n’a pas modifié son périmètre depuis décembre 2025. En comparaison annuelle, les filiales égyptiennes entrées au quatrième trimestre 2025 sont pourtant nouvelles dans les comptes de janvier à juin. Une partie de la progression consolidée reflète donc cette extension. Le communiqué ne fournit pas la croissance à périmètre constant permettant de la neutraliser.

Chez Sanlam, les indicateurs arrêtés en juin excluent expressément Allianz. La fusion, définitive le 2 juillet, prend effet comptablement et fiscalement au 1er janvier. Les futurs comptes du nouvel ensemble pourront donc couvrir une période déjà observée dans les indicateurs, mais avec un périmètre différent. Les 1 225 000 actions créées en contrepartie de l’apport d’Allianz changent également la base de rémunération de l’actionnaire.

Les placements accompagnent des engagements

Sanlam publie 18,880 milliards de dirhams de placements affectés à fin juin, en hausse de 5,1 % depuis décembre. Ses provisions techniques nettes de réassurance augmentent plus vite, de 7,4 %, à 16,786 milliards. Ces montants ne suffisent pas à calculer un rendement du portefeuille ou un ratio de solvabilité.

Pour apprécier les prochains bénéfices, il faudra rapprocher les revenus des contrats du coût des prestations et du résultat financier, sur un périmètre comparable. Chez Wafa, l’enjeu est la traduction de la collecte d’épargne en services rentables. Chez Sanlam, il faut en plus séparer cette traduction de l’apport d’Allianz et de l’augmentation du nombre d’actions.

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