Wafa Assurance T2 2026 : le trimestre ralentit derrière la forte collecte semestrielle
Les primes du groupe progressent de 2,8 % au deuxième trimestre, loin des 27,2 % du semestre. Au Maroc, l’activité trimestrielle recule légèrement ; l’épargne et le périmètre égyptien changent la lecture du cumul.
Wafa Assurance affiche une forte progression de sa collecte semestrielle, mais le deuxième trimestre avance beaucoup moins vite. D’avril à juin 2026, les primes émises du groupe atteignent 3,631 milliards de dirhams, en hausse de 2,8 %. Sur la même période, le chiffre d’affaires social au Maroc recule de 0,5 %, à 2,908 milliards. Le rythme récent est donc bien différent du +27,2 % mis en avant pour l’ensemble des six mois.
L’épargne tire le cumul de janvier à juin
Sur le premier semestre, les primes du groupe s’élèvent à 10,031 milliards de dirhams. La Vie représente 5,470 milliards, en hausse de 41,9 %, tandis que la Non-Vie atteint 4,561 milliards, en progression de 13,3 %. La compagnie relie le dynamisme de la Vie à une collecte significative en épargne.
Le même contraste existe au Maroc. Le chiffre d’affaires Vie gagne 46 %, à 4,456 milliards, contre une hausse de 7,7 % pour la Non-Vie, à 3,843 milliards. Le total social semestriel augmente de 25,4 %, à 8,299 milliards. Ces taux portent sur janvier à juin et ne décrivent pas les seuls trois derniers mois.
Par différence, le premier trimestre concentre environ 64 % des primes semestrielles du groupe. La collecte des six mois est donc largement portée par le début d’année. Sans détail trimestriel par branche, il serait prématuré d’attribuer le ralentissement d’avril-juin à une dégradation précise de l’épargne, de la prévoyance ou de la Non-Vie.
Un périmètre stable depuis décembre, élargi sur un an
Le périmètre de consolidation ne change pas par rapport au 31 décembre 2025. Mais les filiales égyptiennes, intégrées depuis le quatrième trimestre 2025, contribuent désormais au semestre entier. La comparaison avec juin 2025 comprend donc un effet de périmètre.
Cette chronologie empêche de traiter les 27,2 % de croissance du groupe comme une progression entièrement organique. Le chiffre social marocain apporte un autre repère, mais ne suffit pas à reconstituer les performances de chaque filiale étrangère : le communiqué n’en publie pas la ventilation.
Une prime d’épargne n’est pas un bénéfice immédiatement acquis
La hausse des primes décrit une activité commerciale. Elle ne donne pas encore le revenu d’assurance ni le résultat correspondant sous IFRS 17. Wafa Assurance applique ce référentiel à ses comptes consolidés : la collecte d’épargne et la rémunération du service rendu par l’assureur n’y sont pas reconnues de la même manière.
Les placements consolidés atteignent 71 milliards de dirhams à fin juin, en hausse de 2,2 % depuis décembre, alors que les provisions techniques progressent de 5,9 %, à 56 milliards. L’augmentation du portefeuille d’actifs accompagne des engagements envers les assurés ; elle ne constitue pas une réserve de bénéfices disponibles.
Les prochains résultats détaillés devront distinguer les revenus des services d’assurance, les sinistres, les frais et les effets financiers. Pour l’instant, les indicateurs établissent une forte collecte au semestre, un deuxième trimestre plus modéré et une contribution égyptienne absente de la base comparable du premier semestre 2025.





