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AnalyseAgroalimentaire et Production

Mutandis S1 2026 : les ventes repartent, la marge reste sous pression

Le chiffre d’affaires gagne 6,7 %, mais la marge d’EBE perd 2,2 points. La dépréciation de CFG Bank fait basculer le résultat dans le rouge, tandis que le besoin en fonds de roulement absorbe une part croissante du cash.

Mutandis retrouve de la croissance commerciale, sans retrouver sa rentabilité de l’an dernier. Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires atteint 961,7 millions de dirhams, en hausse de 6,7 %. L’excédent brut d’exploitation recule pourtant de 163,2 à 152,7 millions. La marge d’EBE passe ainsi de 18,1 % à 15,9 % : chaque dirham vendu laisse moins de résultat avant amortissements.

Les volumes remontent, les coûts résistent

Les produits de la mer et les boissons apportent chacun près de 35 millions de dirhams de revenus supplémentaires. La meilleure disponibilité de la sardine permet d’augmenter de 35 % la production de boîtes de conserve. Aïn Ifrane retrouve, de son côté, une production proche de la normale.

Ce redémarrage se heurte au renchérissement des produits chimiques, des emballages et des combustibles. La croissance des volumes et les hausses de prix ne suffisent pas encore à préserver la marge du groupe. Le résultat net courant des activités industrielles tombe à 33,2 millions de dirhams, contre 47,8 millions un an plus tôt.

Aux États-Unis, Mutandis a renoncé aux opérations promotionnelles de Costco, très consommatrices de volumes mais presque sans marge. Cette décision modifie la comparaison avec 2025 : le chiffre d’affaires de Season ne se lit pas comme un simple indicateur de demande. Hors effet du mois promotionnel de l’an dernier, ses ventes progressent de 27 % en dollars.

CFG Bank fait basculer le résultat publié

La perte nette part du groupe atteint 5,2 millions de dirhams, après un bénéfice de 67,9 millions. Elle ne correspond pas à une perte des activités industrielles : leur résultat courant reste positif. La réévaluation de la participation dans CFG Bank retranche 41,3 millions au résultat net. Aucune action CFG n’a été vendue ; cette charge de valorisation n’est pas une sortie de trésorerie.

Le cash recule aussi, pour une autre raison

Les flux de trésorerie opérationnels se limitent à 44 millions de dirhams, contre 74,6 millions au premier semestre 2025. Le besoin en fonds de roulement absorbe 68,5 millions, contre 45,1 millions. La dette nette bancaire remonte de 828 à 865 millions entre décembre et juin.

La direction maintient un objectif d’EBE annuel proche des 315 millions de 2025. Pour y parvenir, elle compte sur un retour progressif à la normale des prix des produits pétroliers et de leurs dérivés. Son scénario intègre encore un impact négatif estimé à 78 millions de dirhams sur l’année.

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