AnalyseSociétés de financement et autres activités financières
Maghrebail à fin juin 2026 : la production accélère, le portefeuille avance plus lentement
La production de crédit-bail gagne 25,5 %, mais l’encours net n’augmente que de 192 millions de DH depuis décembre. Le PNB progresse de 11,43 % ; son passage au bénéfice dépend encore des frais et du risque.
Maghrebail augmente de 25,5 % sa production de crédit-bail au premier semestre 2026, à 2,2 milliards de dirhams. L’encours net comptable progresse moins vite sur un an, de 8,15 %, à 13,527 milliards. Le démarrage de nouveaux contrats accélère ; le portefeuille qui reste à financer évolue selon un calendrier plus long.
La différence devient plus visible en prenant la clôture annuelle comme point de départ. L’encours net atteignait déjà 13,335 milliards de dirhams fin décembre 2025 : sa hausse depuis cette date se limite à 192 millions. Les 2,2 milliards de production du semestre ne viennent donc pas grossir intégralement le bilan. Le portefeuille existant continue de s’amortir pendant que les nouveaux dossiers entrent en activité. Les données publiées ne permettent pas de reconstituer tous les mouvements entre ces deux arrêtés.
Le portefeuille produit des loyers, le PNB mesure ce qui en reste
Le chiffre d’affaires atteint 2,345 milliards de dirhams, en progression de 9,94 %. Le produit net bancaire ressort à 240 millions, en hausse de 11,43 %. La croissance du PNB dépasse ainsi celle du chiffre d’affaires, sans suivre la poussée des nouveaux financements au même rythme.
Cette lecture est propre au crédit-bail. Les loyers rémunèrent le financement tout en permettant de récupérer la valeur du bien mis à disposition du client. Dans les comptes de Maghrebail, les produits du crédit-bail sont rapprochés des charges liées aux immobilisations louées, puis du coût des ressources financières. Le chiffre d’affaires ne correspond donc pas à un revenu intégralement disponible pour payer les frais de fonctionnement ou rémunérer les actionnaires.
Les équipements représentent 68 % de l’encours net et les biens immobiliers 32 %. Ce partage concerne le portefeuille présent à fin juin. Il ne décrit pas la seule production du semestre, et encore moins une répartition du bénéfice entre les deux activités.
Deux sources de refinancement à suivre
L’endettement global atteint 12,131 milliards de dirhams, en hausse de 7,21 % par rapport à juin 2025. Les crédits bancaires en représentent 6,938 milliards, soit 57 %, et les bons de sociétés de financement 5,193 milliards, soit 43 %. La capacité à financer les nouveaux contrats dépend ainsi de ressources bancaires et de titres de dette, dont les conditions de renouvellement comptent dans la formation du PNB.
Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions s’établit à 86,7 %, contre 87,43 % à la clôture 2025. Ce ratio mesure la couverture du stock de créances dégradées ; il ne donne ni leur poids dans l’ensemble du portefeuille ni la charge de risque du semestre.
En 2025, les dotations nettes pour créances en souffrance avaient représenté 74,1 millions de dirhams et le résultat net 148,2 millions. La publication de fin juin 2026 ne fournit pas encore ces deux étages du compte de résultat. Pour apprécier la rentabilité de la production supplémentaire, il manque donc surtout son passage après les frais et le risque, au-delà des 240 millions de PNB déjà dégagés.






