AnalyseSociétés de financement et autres activités financières
Eqdom à fin juin 2026 : le PNB accélère plus vite que les nouveaux crédits
Le PNB gagne 10,4 % pour une production nette en hausse de 3,2 %. Le portefeuille brut s’étoffe de 864 millions de DH depuis décembre, avec davantage de refinancement ; le coût du risque semestriel reste à connaître.
Eqdom augmente ses revenus plus vite que ses nouveaux financements au premier semestre 2026. Le produit net bancaire atteint 337,4 millions de dirhams, en hausse de 10,4 %, pour une production nette de 1,953 milliard, en progression de 3,2 %. L’écart de rythme est le fait marquant de ces indicateurs sociaux non certifiés, publiés le 31 août.
Le supplément de PNB représente 31,9 millions de dirhams sur un an. La production gagne, elle, 61 millions. Ces deux écarts ne permettent pas de calculer une marge sur les seuls nouveaux contrats : les intérêts et autres revenus du semestre proviennent également des financements accordés les années précédentes, dont les remboursements se poursuivent.
L’automobile continue d’alimenter le portefeuille
Eqdom rattache la progression commerciale principalement aux crédits automobiles. L’encours brut clients atteint 12,240 milliards de dirhams fin juin, contre 11,376 milliards à la clôture 2025, soit 864 millions supplémentaires en six mois. Sa croissance de 7,6 % porte donc sur un stock comparé à décembre ; celle de la production compare deux semestres complets.
L’année 2025 avait déjà été marquée par une hausse de 22 % de la production nette, à 3,436 milliards de dirhams, et par un encours brut en progression de 11 %. Le rythme de conquête ralentit dans les nouveaux chiffres de production, mais les contrats accumulés auparavant continuent de faire partie de la base de revenus. La publication n’isole pas leur contribution, ni celle des taux et des commissions, à la hausse du PNB.
Une activité commerciale moins rapide peut coexister avec une croissance soutenue du revenu pendant un temps. À l’inverse, la seule taille du portefeuille ne renseigne pas sur les montants qui seront effectivement récupérés. L’encours communiqué est brut, avant la lecture des provisions et des créances nettes.
Le refinancement augmente de 381 millions
L’endettement global atteint 6,422 milliards de dirhams, contre 6,041 milliards fin décembre, soit une hausse de 6,3 %. Eqdom relie ce mouvement au développement de son activité. Ce montant est un encours de refinancement brut, sans déduction de trésorerie.
La progression des ressources empruntées accompagne ainsi celle du portefeuille. Pour mesurer l’effet sur le résultat, il faudrait aussi connaître leur coût et le calendrier de leur renouvellement. Une hausse moins rapide de la dette que de l’encours brut ne suffit pas, à elle seule, à prouver une amélioration de la marge d’intérêt.
Le bénéfice 2025 avait plusieurs moteurs
Eqdom avait dégagé un résultat net social de 95,5 millions de dirhams en 2025, contre une perte de 6,9 millions en 2024, année affectée par un redressement fiscal exceptionnel. Le redressement des comptes avait aussi bénéficié de la progression de l’activité, de la maîtrise des charges et d’actions de recouvrement ciblées et ponctuelles.
Cette base annuelle rappelle que la variation du bénéfice ne suit pas mécaniquement celle du PNB. Le communiqué de juin ne chiffre encore ni le coût du risque, ni les frais, ni le résultat net. Les 31,9 millions de revenus supplémentaires sont acquis dans l’indicateur publié ; leur part conservée après ces charges reste à établir.






