Les dépôts gagnent 35,6 milliards de dirhams sur un an et les revenus d’intérêt progressent. Le recul du PNB traduit surtout la comparaison avec un premier semestre 2025 exceptionnel dans les activités de marché.
La Banque Centrale Populaire collecte davantage et prête davantage, mais son produit net bancaire recule. À fin juin 2026, le PNB du groupe s’établit à 13,5 milliards de dirhams, en baisse de 3,2 % sur un an. Cette contraction coexiste avec une hausse des deux principales composantes du métier bancaire : les intérêts et les commissions. Les indicateurs publiés le 31 août portent sur le cumul du premier semestre ; ils restent provisoires et non audités.
Les intérêts et les commissions prennent plus de place
La marge d’intérêt progresse de 5,9 %, à 7,9 milliards de dirhams. La marge sur commissions augmente de 9,1 %, à 2,2 milliards. Ensemble, elles représentent environ 10,1 milliards, soit les trois quarts du PNB affiché. Un an auparavant, leur poids était voisin de 68 %.
Le groupe explique le recul de ses revenus totaux par les activités de marché, après leur performance exceptionnelle du premier semestre 2025. La hausse des intérêts et des commissions ne suffit donc pas à compenser cette baisse. Le montant précis du résultat de marché n’est pas détaillé dans cette publication.
Pour l’actionnaire, la composition du revenu compte autant que son taux de croissance. La clientèle continue de produire davantage de revenus bancaires, mais le point de comparaison de 2025 rend le total moins favorable. Un retour à la croissance du PNB dépendra notamment de la capacité de ces revenus à absorber la normalisation des marchés. Il ne suffit pas que les encours de crédit augmentent.
La collecte progresse presque deux fois plus en valeur que les crédits
Les dépôts clientèle atteignent 429,5 milliards de dirhams, contre 393,9 milliards un an plus tôt : 35,6 milliards supplémentaires. Les crédits bruts progressent de 319,2 à 337,5 milliards, soit 18,3 milliards de plus. La collecte croît de 9 %, contre 5,7 % pour les financements.
Le rapport entre crédits bruts et dépôts revient ainsi d’environ 81 % à 78,6 %. La croissance du crédit absorbe une part moindre des ressources clientèle affichées. Ce rapport décrit l’équilibre entre ces deux postes du bilan ; il ne mesure pas les liquidités immédiatement disponibles.
Cette collecte peut faciliter le financement de nouveaux crédits. Son effet sur les marges dépend toutefois de sa rémunération et de l’emploi des fonds. La publication ne ventile pas les nouveaux dépôts entre comptes à vue, épargne et ressources à terme : elle ne permet pas de chiffrer une économie de coût de financement.
Le bénéfice reste à documenter
Le communiqué ne fournit ni charges d’exploitation, ni coût du risque, ni résultat net. Il établit un développement de la clientèle et des revenus d’intérêt, accompagné d’une contraction du PNB. Pour que cette combinaison préserve le bénéfice, l’évolution des coûts et des provisions devra compenser le manque à gagner sur les revenus totaux.



