Afriquia Gaz T2 2026 : les prix soutiennent les revenus, les volumes reculent
La reprise du chiffre d’affaires vient du prix de reprise. La trésorerie nette de la société mère coexiste avec une dette à l’échelle du groupe.
Afriquia Gaz vend moins de gaz, mais facture davantage. Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires social atteint 2,471 milliards de DH, en hausse de 11,1 %, tandis que les tonnages reculent de 5 %, à 299 898 tonnes. Le distributeur attribue la progression des revenus à la hausse du prix de reprise.
Le premier trimestre présentait déjà des volumes en retrait, à 305 202 tonnes contre 316 340 un an auparavant. Le prix de reprise jouait alors dans l’autre sens : sa baisse ramenait les revenus sociaux à 2,092 milliards de DH, contre 2,372 milliards. Le changement de signe du chiffre d’affaires entre les deux publications ne traduit donc pas un retournement de même ampleur de l’activité physique.
Le gaz distribué reste le premier repère
Afriquia Gaz dessert les ménages et les professionnels en butane et propane, en bouteilles comme en vrac. Ce portefeuille fait coexister des usages et des circuits de livraison différents. Un tonnage global en baisse ne suffit pas à identifier le segment responsable ; il faudrait disposer d’une ventilation par produit et clientèle pour mesurer précisément le déplacement de la demande.
Cette activité repose sur un outil logistique concret : réception, stockage, acheminement et emplissage. Le terminal de Jorf Lasfar est ainsi raccordé directement au port par pipeline. La qualité de l’exploitation se joue aussi dans la disponibilité des contenants et la continuité des livraisons, deux dimensions que la seule valeur des ventes ne mesure pas.
Les investissements sociaux du trimestre atteignent 96,2 millions de DH, consacrés principalement aux bouteilles neuves. À fin juin, la société mère dispose de 698,1 millions de trésorerie nette. Le groupe consolidé conserve cependant une dette nette de 215,5 millions, contre 823,4 millions un an plus tôt. Les deux périmètres donnent des situations financières différentes.
Le précédent de 2025 invite à lire la marge séparément
En 2025, le chiffre d’affaires consolidé avait progressé de 2,5 %, à 8,989 milliards de DH, tandis que le résultat opérationnel reculait de 2,3 %, à 1,167 milliard. Le bénéfice net consolidé, lui, restait presque stable à 750,5 millions. Des revenus plus élevés n’avaient donc pas suffi à améliorer le résultat de l’exploitation.
Ce précédent fournit une question précise pour les prochains comptes : quelle part du mouvement des prix est conservée après les achats et les charges ? Reprendre le taux de hausse des ventes pour projeter le bénéfice laisserait de côté le comportement des coûts, qui avait justement pesé sur la marge opérationnelle en 2025.




