SNEP gagne du chiffre d’affaires et réduit son endettement au deuxième trimestre 2026, mais l’environnement commercial reste difficile. Les ventes atteignent 186,6 millions de DH, en hausse de 7,8 %. La société décrit toujours une pression sur les prix internationaux du PVC, face à des matières premières coûteuses et à une demande mondiale peu porteuse.
Les volumes progressent sans retrouver un marché de prix favorable
Le premier trimestre avait déjà montré cette dissociation : SNEP annonçait une progression significative des volumes vendus, sans la chiffrer, pour une hausse des revenus limitée à 3,3 %. Les capacités de production montaient en puissance, tandis que les prix internationaux restaient bas. Augmenter les quantités permet d’utiliser davantage l’outil ; cela ne suffit pas à établir que chaque tonne vendue couvre mieux les charges.
Le portefeuille industriel comprend le PVC et les compounds, mais aussi les produits d’électrolyse : soude, chlore, eau de javel et acide chlorhydrique. Ces produits desservent notamment le bâtiment, les mines et le traitement de l’eau. La performance ne dépend donc pas d’un seul débouché, même si les conditions du marché du PVC pèsent dans la lecture des derniers comptes.
La comparaison du résultat doit isoler l’écriture de 2024
En 2025, l’insuffisance brute d’exploitation avait été ramenée de 145,2 à 80,9 millions de DH. L’exploitation restait déficitaire à ce niveau, malgré l’amélioration. Plus bas dans le compte de résultat, la perte d’exploitation était passée de 51,9 à 157,1 millions. Cette dégradation apparente incorporait un effet de base : 2024 bénéficiait d’une reprise exceptionnelle de 155 millions liée au démarrage et à la stabilisation des nouvelles installations.
Les deux évolutions ne sont donc pas contradictoires. Le déficit brut s’était réduit, tandis que la comparaison du résultat d’exploitation subissait la disparition de cette reprise. Retenir seulement la perte nette sociale de 192,5 millions en 2025 masquerait cette différence entre fonctionnement industriel et effet comptable exceptionnel.
La dette recule, le retour à l’équilibre reste à chiffrer
À fin juin, l’endettement financier publié atteint 732,9 millions de DH, dont 71,1 millions de leasing. La ligne de dette nette hors ce financement ressort à 661,8 millions, contre 729,5 millions fin décembre. Les investissements du semestre sont limités à 7,1 millions et ciblent l’efficacité énergétique et l’exploitation. La publication ne chiffre pas encore le résultat 2026 : le prochain repère industriel sera le passage d’une insuffisance à un excédent brut d’exploitation.




