RésultatsAgroalimentaire et Production
Unimer au T2 2026 : davantage de sardines, plusieurs moteurs derrière la reprise
Les revenus consolidés progressent de 9 % au trimestre, avec la reprise des débarquements et de certains débouchés. Le précédent de 2025 montre toutefois pourquoi bénéfice, exploitation et valorisation des produits doivent être distingués.
Unimer réalise 283 millions de dirhams de chiffre d’affaires consolidé au deuxième trimestre 2026, contre 259 millions un an auparavant. La hausse de 9 % accompagne une meilleure disponibilité des sardines, mais aussi la reprise de la demande sur certains marchés et l’amélioration de la valeur des produits vendus. Le groupe retrouve des approvisionnements après une campagne 2025 faible et tardive.
Sur les six premiers mois, les revenus atteignent 434 millions de dirhams, en progression de 11 %. Le périmètre de consolidation est inchangé. L’augmentation reflète donc l’activité des sociétés déjà présentes, sans acquisition nouvelle à invoquer pour expliquer ce supplément de ventes.
La ressource conditionne l’activité avant la commande du client
Pour un conserveur de poisson, disposer des lignes de production et d’un réseau commercial ne suffit pas : il faut aussi que les débarquements permettent d’alimenter les usines. Unimer indiquait déjà au premier trimestre une relance des arrivages de pélagiques, accompagnée d’une hausse des volumes commercialisés dans les conserves de sardines et les semi-conserves d’anchois.
Les revenus dépendent toutefois de la saison de pêche et des arrêts biologiques. Le premier trimestre ne constitue pas, à lui seul, une base représentative pour prolonger l’activité sur toute l’année. Le chiffre de 434 millions couvre ainsi un semestre complet, avec un calendrier d’approvisionnement propre au métier.
La présence commerciale du groupe en Afrique, en Europe et en Amérique lui donne plusieurs débouchés pour valoriser les volumes disponibles. Le communiqué du printemps évoque une amélioration de la demande sur certains marchés, sans publier leur contribution respective ni une croissance chiffrée des quantités. Les 9 % de revenus supplémentaires ne peuvent donc pas être entièrement attribués à un effet volume.
Les recettes et les formats donnent plusieurs façons de vendre le poisson
Les métiers d’Unimer couvrent les conserves de sardines et de maquereaux, les semi-conserves d’anchois, la congélation et la valorisation de sous-produits. Des marques comme Titus, La Monégasque ou Vanelli n’occupent pas toutes la même place dans ces catégories et leurs circuits de vente.
Cette diversité rend le mix commercial important : choisir les produits, les recettes et les marchés sur lesquels les volumes disponibles sont écoulés influence la valeur obtenue. En 2025, les ajustements de prix et la maîtrise des coûts avaient amorti la contraction des ventes, dans un contexte de matière première rare et coûteuse.
Le bénéfice de 2025 avait aussi reçu l’appui des participations
Les comptes consolidés de 2025 montrent que ce redressement ne se lit pas dans un seul indicateur. Le chiffre d’affaires était revenu de 1,260 à 1,085 milliard de dirhams et l’excédent brut d’exploitation de 49 à 44 millions. Le résultat net consolidé avait pourtant atteint 11 millions, après une perte de 28 millions en 2024. Unimer mettait notamment en avant une contribution renforcée de ses participations.
Le retour d’un bénéfice n’avait donc pas signifié une hausse de l’excédent dégagé par l’exploitation. Les indicateurs de juin 2026 établissent désormais une reprise des revenus, mais ne publient pas encore le résultat semestriel permettant d’apprécier la contribution de chaque étage des comptes.
Le financement conserve également son calendrier : la dette nette atteint 742 millions de dirhams fin juin, contre 791 millions un an auparavant, mais 587 millions fin mars 2026. Elle baisse de 49 millions sur douze mois tout en remontant de 155 millions au printemps. Les 12 millions d’investissements semestriels sont principalement consacrés à la maintenance et à la modernisation ; les seuls achats d’équipements ne résument pas les mouvements du financement du groupe.
À lire ensuite
- Les industriels de consommation face à des chocs de prix et de volumes différents
- BFR : pourquoi une entreprise rentable peut manquer de cash
- Mutandis–Enosis : 150 millions d’EBITDA attendus avant les synergies
- Mutandis S1 2026 : les ventes repartent, la marge reste sous pression
- Dari au T2 2026 : le rebond des ventes accompagne l’entrée dans la semoulerie
- Lesieur Cristal T2 2026 : la société mère repart, la trésorerie nette redevient positive





