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Casablanca perd plus de 5 % sur la semaine, les semestriels au premier plan
La Bourse de Casablanca termine une semaine de net recul. Le MASI abandonne plus de 5 %, dont 2,18 % sur la seule séance du vendredi 18 septembre, pour clôturer à 17 592,46 points.
Les échanges ont atteint 624 millions de dirhams vendredi. La baisse touche plusieurs secteurs : Wafa Assurance perd 7,50 %, BMCI 6,90 %, Holcim Maroc et Mutandis 5,96 % chacun. CMT et SMI prennent la direction opposée, avec des hausses respectives de 9,97 % et 3,54 %.

Les publications, elles, se sont poursuivies après la séance. Les comptes de BCP et de SGTM ont notamment été relayés en fin d’après-midi vendredi. Ils feront partie des premiers dossiers à suivre lundi, après un week-end consacré à leur lecture.
Chez SGTM, le chiffre d’affaires semestriel recule de 7,2 %, à 6,6 milliards de dirhams, mais le bénéfice consolidé progresse de 7,3 %, à 793 millions. La différence vient notamment de la rentabilité : la marge d’EBITDA passe de 17,6 % à 21,4 %. Le groupe explique le ralentissement de l’activité par le calendrier des chantiers et le démarrage de nouveaux projets. Son carnet de commandes atteint 34,8 milliards de dirhams, légèrement sous les 35,1 milliards de décembre. Pour la suite, l’enjeu sera de transformer ces commandes en production tout en conservant les marges acquises.
Sonasid présente un autre cas de bénéfices progressant plus vite que l’activité. Son résultat net part du groupe bondit de 72 %, à 167 millions de dirhams, pour un chiffre d’affaires consolidé pratiquement stable. L’EBITDA augmente de 30 % : l’amélioration est donc aussi opérationnelle. Le sidérurgiste invoque les volumes, les produits à plus forte valeur ajoutée et les gains de compétitivité. Il prévoit 514 millions de dirhams d’investissements en 2026.
Chez Delta Holding, en revanche, le bénéfice part du groupe reste stable à 125 millions, malgré un résultat d’exploitation en retrait. Ces publications ne permettent pas de traiter toutes les entreprises liées aux infrastructures comme un ensemble homogène.
Les comptes bancaires demandent la même attention. BCP affiche un bénéfice part du groupe de 3,2 milliards de dirhams, en hausse de 10,4 %, alors que son produit net bancaire diminue de 3,2 %. Deux éléments expliquent ce contraste : les revenus d’intérêts et de commissions progressent ensemble de 6,6 %, tandis que le coût du risque baisse de 60 %. Les activités de marché, elles, reviennent à un niveau moins favorable après une année 2025 exceptionnelle. La croissance commerciale est bien présente, mais l’amélioration du bénéfice bénéficie aussi fortement de charges de risque moins élevées.
Cette distinction entre activité récurrente et revenus de marché se retrouve chez CFG Bank, qui avait publié mercredi : ses revenus récurrents augmentent de 18 %, tandis que ceux des marchés financiers reculent de 36 %. La banque maintient une perspective de croissance d’environ 15 % de son bénéfice part du groupe pour l’ensemble de 2026. Wafa Assurance, de son côté, annonce un bénéfice part du groupe en hausse de 9,8 %, à 760 millions de dirhams, avec notamment la contribution des filiales égyptiennes consolidées depuis fin 2025. Là encore, la progression doit se lire en tenant compte du changement de périmètre.
À l’international, la semaine a surtout confirmé la pression sur les taux. La Fed a relevé sa fourchette à 3,75–4 %, tandis que la Banque du Japon a décidé de porter son taux à 1,25 %. En France, le rendement de l’emprunt d’État à dix ans a atteint 4,58 %, son plus haut niveau depuis 2008. Les actions n’ont pourtant pas toutes réagi de la même manière : sur la semaine, le S&P 500 ne perd que 0,1 % et le Nasdaq gagne 0,7 %. La correction casablancaise est nettement plus marquée que celle de ces indices américains.
Le pétrole reste un risque plus directement opérationnel pour les entreprises marocaines. Le Brent termine à 103,87 dollars, malgré un recul hebdomadaire de 0,7 %, sur fond de perturbations de l’approvisionnement saoudien et de restrictions de navigation à Ormuz. À ce niveau, les coûts énergétiques restent à surveiller, particulièrement lorsque les contrats ne permettent pas de les répercuter rapidement. Pour les producteurs de métaux précieux, l’environnement est différent : l’argent a gagné 3,1 % sur la semaine. L’effet sur les bénéfices dépendra toutefois des volumes produits, des coûts et des éventuelles couvertures de prix.
Sur le marché obligataire marocain aussi, les taux se sont retendus. Entre le 9 et le 16 septembre, le rendement du 5 ans a gagné 15,38 points de base, celui du 10 ans 12,24 points et le 15 ans 13,35 points, selon BMCE Capital Global Research. Le mouvement intervient avant le Conseil de Bank Al-Maghrib du 22 septembre, alors que le statu quo à 2,25 % est déjà largement attendu par le marché.
Pour lundi, la lecture est ainsi moins binaire qu’un simple " bons résultats = rebond ". Après -5,49 % sur le MASI, -13,69 % depuis janvier sur le MASI 20, près de -20 % en un mois pour SGTM et plusieurs décrochages importants vendredi, les prix ont déjà bougé. Certaines publications pourront confirmer les craintes qui ont accompagné la correction ; d’autres pourront apparaître plus solides que ce que les cours actuels suggèrent.



