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Cartier Saada, avril–juin 2026 : les prix à l’export fragilisent le début d’exercice
Au premier trimestre de l’exercice 2026/2027, les revenus reviennent de 69,69 à 54,21 millions de DH. La concurrence américaine prolonge le choc des prix oléicoles ; une augmentation de capital a été autorisée après juin.
Cartier Saada commence son exercice 2026/2027 avec un recul marqué de ses ventes. Entre le 1er avril et le 30 juin 2026, le chiffre d’affaires revient de 69,69 à 54,21 millions de dirhams, soit 15,47 millions de moins et une baisse d’environ 22,2 %. Les trois mois constituent le premier trimestre de cet exercice décalé, après une clôture annuelle arrêtée au 31 mars.
Les exportations apportent 52,98 millions de dirhams, soit 97,72 % des revenus. Leur recul de 22,32 % explique presque entièrement la contraction de l’activité. Les ventes locales, à 1,23 million, pèsent trop peu dans le total pour amortir ce mouvement.
Les acheteurs américains arbitrent davantage sur le prix
La société situe principalement la faiblesse du trimestre sur le marché américain. La baisse des prix mondiaux offre aux clients des alternatives moins coûteuses dans d’autres pays producteurs. Certains réorientent leurs achats vers ces offres, réduisant les volumes commandés à Cartier Saada.
Ce mécanisme combine pression sur les prix de vente et perte de commandes. Le recul des revenus ne correspond donc pas nécessairement à une baisse équivalente de la consommation finale : il traduit aussi la compétition entre fournisseurs pour servir les mêmes débouchés.
Les contraintes logistiques ajoutent un second coût à cet arbitrage. Cartier Saada fait état d’un transport plus cher et de perturbations persistantes au port de Casablanca, qui allongent les délais d’expédition. Pour conserver un client à l’export, le prix départ usine ne suffit pas ; le coût livré et le respect du calendrier interviennent également dans le choix du fournisseur.
La récolte abondante a dévalorisé des stocks constitués plus cher
L’exercice précédent, clos au 31 mars 2026, avait déjà subi ce retournement. Après des campagnes tendues et coûteuses, une récolte oléicole abondante dans le bassin méditerranéen a provoqué une correction des prix internationaux au début de 2026. La société détenait alors des stocks constitués dans un environnement de coûts plus élevés.
Le chiffre d’affaires annuel avait reculé de 7 %, à 275,92 millions de dirhams. L’excédent brut d’exploitation était revenu de 23,91 à 9,42 millions : sa part dans les revenus passait d’environ 8,1 % à 3,4 %. Le fonctionnement courant s’affaiblissait donc avant même la lecture des dotations et du résultat net.
La revue de valeur des stocks a ensuite pesé sur le résultat d’exploitation, devenu négatif à 13,82 millions de dirhams. Le bilan présentait 14,82 millions de provisions sur les stocks de produits en cours à la clôture. Ce montant est celui du stock de provisions à fin mars ; les nouveaux indicateurs d’avril–juin ne donnent pas encore son évolution.
Après la clôture de juin, une autorisation de capital sans souscription encore chiffrée
Les charges financières ont également pesé dans le dernier exercice : le résultat financier s’établissait à −12,29 millions de dirhams. La perte nette annuelle atteignait 25,64 millions. L’assemblée générale du 27 juillet a approuvé ces comptes et décidé de ne pas distribuer de dividende au titre de 2025/2026.
Les actionnaires ont aussi autorisé une augmentation de capital d’un montant maximal de 80 millions de dirhams, prime d’émission comprise. Le conseil doit en fixer le prix, les modalités et le calendrier. Cette autorisation ouvre une possibilité de renforcement des fonds propres ; elle ne correspond pas à 80 millions déjà encaissés. Pour l’actionnaire, les conditions de souscription détermineront le capital effectivement apporté et le nombre d’actions nouvelles, pendant que les ventes restent exposées à la correction des prix à l’export.
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