Casablanca : la semaine où les minières ont rendu leurs gains
Le MASI cède 3,1% sur la semaine, à 17.952,37 points, et bascule à -4,7% depuis le début de l'année. Derrière ce chiffre, une histoire simple : la cote casablancaise a vécu au rythme de ses minières, stars des derniers mois, brutalement rattrapées par la correction des métaux précieux.

Le MASI cède 3,1% sur la semaine, à 17.952,37 points et bascule à -4,7% depuis le début de l'année. Derrière ce chiffre, une histoire simple : la cote casablancaise a vécu au rythme de ses minières, stars des derniers mois, brutalement rattrapées par la correction des métaux précieux.
Une semaine en cinq actes
Tout avait pourtant commencé calmement. Lundi, le MASI grappille 0,59% à 18.629 points dans des volumes anémiques (183 MDH sur le marché central). Mardi, léger repli de 0,66%, toujours sans conviction, Marsa Maroc et LabelVie en tête des échanges.
Le décor change mercredi : -1,96% à 18.142 points, avec 45 valeurs dans le rouge contre 13 en hausse. Managem abandonne 9,77% à 14.800 DH et concentre à elle seule 103 MDH d'échanges — plus du tiers du volume de la séance.
Jeudi, la correction tourne à la purge. Le MASI plonge de 2,86% à 17.623,73 points, sa pire séance de la semaine, et le secteur minier décroche de quasiment 10% : Managem (-9,99% à 13.321 DH), SMI (-9,99% à 6.508 DH) et Minière Touissit (-9,98% à 4.138 DH) terminent toutes au plancher.
Vendredi, enfin, le rebond : +1,86% à 17.952,37 points, porté par le retour des acheteurs sur les minières justement. Managem domine encore les échanges (36 MDH), devant Attijariwafa bank et LabelVie, dans un volume global de 232 MDH. La capitalisation de la place revient à 1.031 milliards de dirhams.
Pourquoi les minières ont craqué
La réponse est à chercher du côté de Londres et New York. L'or a perdu environ 3% cette semaine, à 4.213 dollars l'once, plombé par les espoirs de désescalade entre Washington et Téhéran et par la perspective de taux durablement élevés. Or c'est précisément la flambée des métaux précieux, sur fond de tensions au Moyen-Orient, qui avait propulsé les minières casablancaises ces derniers mois — au point de hisser Managem au rang de première capitalisation de la cote.
Quand le moteur s'inverse, les prises de bénéfices s'enchaînent d'autant plus violemment que les parcours avaient été spectaculaires. Le mouvement de jeudi, avec trois valeurs minières simultanément en réservation à la baisse, en est l'illustration parfaite.
À noter pour la suite que les actionnaires de Managem sont convoqués le 25 juin pour voter la division par dix du nominal de l'action. Une opération purement technique, mais qui devrait élargir l'accès au titre pour les particuliers et qui tombera en plein débat sur la valorisation du secteur.
Le grand écart des indices
Un chiffre résume le marché marocain de 2026 : le MASI 20, qui regroupe les grandes capitalisations, accuse désormais -12,2% depuis janvier, quand le MASI limite sa contre-performance à -4,7%. Traduction : ce sont les mid caps et les valeurs hors indice phare — minières en tête jusqu'à cette semaine — qui ont porté la cote, pendant que les poids lourds traditionnels (banques, télécoms) restaient à la traîne.
Ce qu'on surveille la semaine prochaine
Trois choses. Un, la réunion de la Fed et la première sortie de Kevin Warsh : toute surprise sur les taux américains se répercutera sur l'or, donc sur les minières. Deux, la capacité du rebond de vendredi à tenir plus d'une séance — un rebond technique après -2,86% ne fait pas un retournement. Trois, le détroit d'Ormuz : si l'accord américano-iranien se confirme, la poursuite de la baisse du pétrole serait une vraie bonne nouvelle pour la balance commerciale marocaine et les valeurs énergivores de la cote.



