Ratios avancés de valorisation : EV/EBITDA, PEG et DCF simplifié
Aller au-delà du PER : maîtriser les outils de valorisation professionnels pour identifier les décotes et surcotes structurelles.
Sommaire
- 1EV/EBITDA : la valorisation d'entreprise complète
- 2PEG ratio : pricer la croissance
- 3DCF simplifié : la valeur intrinsèque
Points clés
- EV/EBITDA : pourquoi il est supérieur au PER dans certains cas.
- PEG ratio : intégrer la croissance dans la valorisation.
- DCF simplifié : valoriser une entreprise par ses flux futurs.
- Application pratique sur des valeurs de la BVC.
EV/EBITDA : la valorisation d'entreprise complète
L'Enterprise Value (EV) = capitalisation boursière + dette nette. Elle représente le prix total pour acquérir l'entreprise (actions + reprise de la dette). L'EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) mesure la performance opérationnelle indépendamment de la structure financière et fiscale.
L'EV/EBITDA est supérieur au PER car il permet de comparer des entreprises avec des structures de dette très différentes. Sur la BVC, un EV/EBITDA < 6x est généralement considéré comme attractif, 6–10x comme raisonnable, > 12x comme cher. Mais ces seuils varient par secteur : les utilities et telecoms justifient des multiples plus élevés (flux stables) que les cycliques.
PEG ratio : pricer la croissance
Le PEG (Price/Earnings to Growth) = PER / taux de croissance du BPA attendu. Un PER de 20x semble cher, mais si l'entreprise croît à 25% par an, son PEG est de 0,8x — ce qui est attractif. Inversement, un PER de 10x avec une croissance de 2% donne un PEG de 5x — très cher pour la croissance délivrée.
Règle de pouce : PEG < 1 = potentiellement sous-valorisé par rapport à sa croissance. PEG > 2 = la croissance est déjà largement dans le prix. Sur la BVC, le PEG est particulièrement utile pour évaluer les mid caps en phase de croissance (agroalimentaire, mines en expansion).
DCF simplifié : la valeur intrinsèque
Le DCF (Discounted Cash Flow) estime la valeur d'une entreprise en actualisant ses flux de trésorerie futurs à un taux qui reflète le risque. Version simplifiée en 5 étapes : 1) Prenez le FCF moyen des 3 dernières années. 2) Projetez une croissance sur 5 ans (soyez conservateur : 3–5% pour les matures, 8–12% pour les croissances). 3) Ajoutez une valeur terminale (FCF année 5 × 10). 4) Actualisez le tout à un taux de 10–12% (coût des fonds propres sur la BVC). 5) Divisez par le nombre d'actions.
Si la valeur intrinsèque obtenue est 30%+ au-dessus du cours actuel, vous avez identifié une décote potentielle — à condition que vos hypothèses soient réalistes. Le DCF est un outil de discipline intellectuelle autant qu'un modèle de valorisation : il vous force à expliciter vos hypothèses de croissance et de risque.
Valorisation par les flux (DCF)
Concept d'actualisation des cash-flows
À retenir
Le DCF n'est pas une science exacte — il est aussi bon que les hypothèses qu'on y met. Faites toujours une analyse de sensibilité : que se passe-t-il si la croissance est 2 points en dessous de votre hypothèse ? Si le taux d'actualisation monte de 1 point ? La fourchette obtenue est plus utile qu'un chiffre unique.
Avez-vous bien assimilé cette leçon ?
Validez pour avancer dans votre progression globale.